Bien qu'aujourd'hui encore en cryostase, le webzine grrrndzero est toujours là. Il reprend des forces et pourra bientôt battre la campagne comme un fier animal béat courant après ses nouvelles passions éphémères.

La section imagerie rassemble principalement les vidéos de concert de concerts passés. Le plan est de développer un peu cette zone. Qui sait la webdoc-fiction-témoignage-interactif-big-data sur la vie quotidienne de Grrrnd Zero « Tout pour La Cause rien pour les Autres - saison 1 : Crust beer et lingerie fine » sortira peut-être un jour. Et pourquoi pas un live stream de nos sessions cuisine ou du chantier ?

On va essayer de rassembler des liens à la cool dans cette section là aussi. Des sites qu'on aime bien, des projets qu'on jalouse, des trucs à lire à notre place, des images rigolades, ce genre de choses là.  

Les archives chaos sont les archives de TOUT le site depuis les début de gz, par ordre de publication.
Quelques trucs se sont peut-être perdus entre les différentes version du web, mais sinon on archive méthodiquement et tu peux tout explorer.

 

 

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Delta Punk

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Dans les années 90, le guitariste Bill Orcutt sévissait dans Harry Pussy, un trio free/noise/punk dont chaque titre évoquait l'écume bouillant au coin de la gueule d'une hyène galeuse ; Load Records a édité en 2008 une compilation dessinant les contours de leur furie, "You'll Never Play This Town Again".

C'est d'ailleurs en sélectionnant les morceaux devant y figurer que Bill décida de refaire un peu de musique, après dix ans passés à élever des enfants, tondre le jardin et écrire 325 logiciels (car Bill est un gros nerd).
Il se mit à torturer une guitare acoustique quatre cordes, comme un ancien punk qui a trop écouté Derek Bailey et se lance dans des morceaux âpres semi improvisés, à mi-chemin entre le hardcore disloqué et le blues primal.
Wire (le magazine, pas la série qui change la vie) a trouvé la formule adéquate : "like a psychotherapy session played on guitar".


Du Bill Orcutt, tiré de l' album "A new way to pay old debts"
bill orcutt - lip rich
bill orcutt - my reckless parts
bill orcutt - street peaches


Du Harry Pussy, tiré du bucolique "In an emergency you can shit on a puerto rican whore":

harry pussy - dream river

harry pussy - showroom dummies
harry pussy - fuckology (mais là il faut avoir des enceintes de maharadja)
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Comme "A new way to pay old debts" n'a été auto-édité qu'à 500 exemplaires très vite épuisés, voici l'album complet :
Ca mérite vraiment d'être écouté d'une traite.

Il passera à Lyon le 10 octobre prochain. Tournée reportée, bouhou.

Mieux que la caféine

Baby_Feet

 

De 2007 à 2009, les Widow Babies étaient quatre teens d'Orange County agrémentant la scène de The Smell d'un post-punk pop et tropical dont Abe Vigoda étaient jadis les honnêtes ambassadeurs - avant de se perdre dans les limbes de la new-wave fadasse. Ils ont sorti un maxi pimpant et groovy, intitulé The Mike Watt EP, qui raconte la lutte impitoyable entre le bassiste des Minutemen et un vampire sosie d'Abraham Lincoln.
Le titre du premier morceau annonce la couleur:

widow babies - Mike Watt Created the Universe with a Bass Solo

Apprête-toi à bouger ton boule en toute décontraction :

widow babies - In Which Watt Wins Back His Hands and Basses a River into Existence

widow babies - Evil Triumphs Over the Awesome Powers of Kayak

Aujourd'hui, le groupe s'est apparemment délesté du bassiste et de la chanteuse, s'est rebaptisé Rare Grooves, et j'ignore ce que ça donne.

Plus près de toi Yahvé

 

Le bonheur peut-il être atteint en écoutant donald duck sous hélium chanter jésus ?

un élément de réponse : Danielson Family - Good News for the Pus Pickers

Danielson
est donc un chrétien ardent, pote des Deerhoof et de Steve La Belette, fondateur d'une communauté indie gospel rurale réunissant une bonne partie de sa famille (frères, soeurs, épouse, enfant, sans oublier les apparitions sporadiques de son fils spirituel, Sufjan Stevens). Sur scène ils se déguisent, parfois en infirmiers, "car la musique apporte la Bonne Nouvelle et la Guérison".

Un film retraçant son parcours de freaks débonnaire lui a été consacré.

 

Crosby Family Church 1968

jeune et frisé

 

Ceci est un test de patience. Regarde d’abord ce clip :

 

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Si tu es normalement constitué, tu as normalement dû espérer plusieurs fois qu’un incendie se déclare dans cette vidéo, afin d’écourter le plus possible cette ode gluante à l’amitié, aux chemises à carreaux, aux raybans et aux lumières chaleureuses.

 

C’est tout à fait normal, n’aie pas peur de cet excès de violence. Tu as peut-être honte comme moi d’avoir aimé la musique un peu quand même.

 

Toro Y Moi est un jeune hipster de Caroline du Sud, qui essaie de concilier son amour pour la pop des années 80-90 et l’importance aujourd’hui de produire une musique « lo-fi », si l’on compte récupérer les miettes d’une jeunesse perdue et confuse depuis l’invention du mp3, pour qui un son crade est un signe de générosité.

 

Alors que cette expérience aurait pu s’arrêter à la porte de sa chambre, Toro Y Moi est à la mode, Wire magazine trouve ça so intriguing, Kanye West en a même parlé sur son blog, et des gens viennent à ses concerts.

 

C’est même une sorte de collusion rétro-cool qui semble s’ébaucher avec la renommée naissante de groupes comme Washed Out, Small Black, Neon Indian ou Memory Tapes, en même temps que les contours d’un mini-genre, le glo-fi ou chill-wave, prolongement discoide de l’hypnagogic pop, superbe étiquette lancée par David Keenan de Wire pour décrire le recyclage DIY de l’imaginaire new age des années 80, soit littéralement, « pop transitoire entre l’éveil et le sommeil ». Hum. Du coup le glo-fi pourrait être de l’« hipstergogic pop ».

 

Le monde est complexe et violent, essayons de comprendre une de ses nouvelles manifestations.

 

Washed Out – Feel It All Around (171 000 écoutes sur myspace, mon dieu).

 

Collages souvent hasardeux de vieux sons de synthés, de surf music et de folk truffée de réverb, le glo-fi ne surprend pas spécialement, coincé entre, d’un côté l’influence d’Ariel Pink et autres taxidermistes hypnapgogic* comme James Ferraro (the Skaters, Lamborghini Crystal…) ou Spencer Clark (Vodka Soap, Monopoly Child Star Searchers…), et de l’autre, la mode du psychédélisme dansant à l’Animal Collective. Au minimum c’est un peu émouvant, comme un reliquat de gi-joe retrouvé désarticulé au fond de ta vieille malle de jouets :

 

Small Black - Despicable Dogs

 

Toro Y Moi à l’avantage de ne pas sombrer dans la simple exploitation des gimmicks lo-fi et d’assumer sa rétro-exploration dance et rnb des charts des années 90. Finalement son nouvel album Causers of This sorti sur Carpak Records (Dan Deacon, Ecstatic Sunshine…) n’est pas très endurant, mais quelques bonnes idées peuvent t’accompagner à la boulangerie le matin.

 

 

Blessa

Talamak

109

Move

 

 

*je vais essayer de faire un post sur le monde merveilleux des étiquettes musicales et de l’hypnagogic pop plus tard

holinaty

holinaty

 

Josh Holinaty est un illustrateur canadien dont le style se caractérise par un sens aigu du détail et du relief. Son truc à lui ce sont les monstres touffus, les bonhommes dismorphiques, les paysages bizarres et les matières dégoulinantes. Il les étale régulièrement dans des dessins de presse ou des affiches de concerts. En ce moment, il travaille sur un roman graphique en six volumes dont le premier numéro est sorti l'an dernier. La série s'appelle "We Hate This Place Here ; It's Our Home", ça commence avec un bison qui fume des clopes et rumine sur son existence depuis son lit de mort. Ca a donc l'air pas mal.

son blog

son site

 

holinaty - 1

 

D'autres illustrations en cliquant sur "lire la suite".

 

Lire la suite : holinaty

celui là je l'aime bien

John bellows hante l'underground de Chicago depuis 2001. Il se contente d'une guitare et de sa voix pour faire n'importe quoi, mais alors vraiment n'importe quoi, n'importe où, devant n'importe qui. Il vient de synthétiser ces huit années d'exploration de sa connerie intérieure sur un premier album au titre raffiné (Clean your cock), édité par le tout petit label monikers records.

Ca fait penser à du très vieux Beck, période Sterero pathetic soul manure et One foot in the grave. Quand il
jouait adossé à un réverbère de la country folk lo-fi de jeune branleur, avec pour seul public deux clochards songeant qu'ils feraient mieux d'aller à leur réunion hebdomadaire des alcooliques anonymes.

John Bellows - Bare to the bone

John Bellows - Feellin' down

John Bellows - (you just got) Mutherfucked


On pense également aux coins-coins éraillés des  goliopathes guillerets de  Danielson Family, sans les discours comme quoi jésus est trop un cool dude :

John Bellows - Travel on !

Et il pique aussi des accords à Nirvana :

John Bellows - Great Big Roller


Bref, de la tendresse, de la fureur, du trouble contenu, de la confusion.

mulletslife

photo 6 : l'enfance de john bellows le prédisposait à de sérieux handicaps émotionnels

mi ami

 

Il n'y a pas si longtemps, le guitariste/chanteur Daniel Martin-McCormick habitait washington et jouait au sein des très regrettés Black Eyes. Depuis, il a déménagé à san francisco et fondé le trio Mi ami, qui pose l'addition suivante  : post punk + dub + poussées psychédéliques + disco funk + guitares & percussions avides + hurlements d'eunuque dément + le pouvoir de l'afrique, man.

 

Ils viennent de sortir leur deuxième album, Steal your face :

 

l'ouverture énergique : harmonics (genius of love)

 

le morceau disco putassier : latin lover

 

attends je branche l'orgue : secrets

 

Il passent à Gerlande lors de la Grnd Zero party du 30 mai.

mi ami

Daniel Martin-McCormick a aussi un projet solo de grande folle noise glamour, Sex Worker, mais je vais tenter de convaincre Yum yum d'en parler, puisque cette pute notre charmante collaboratrice l'a vu en concert au festival Sxsw il y a peu.

la classe discrète de bill callahan - 1

Parfois il suffit d'un vieil arbre noueux, d'une montagne, d'une rivière assoupie, et de la voix souveraine d'un crooner flegmatique :

 

{vimeo width="600" height="336"}635500{/vimeo}

 

Bill sera très déçu si vous ne le regardez pas en plein écran (rha maintenant on doit aller sur le site de viméo pour avoir l'option, quels chiens cupides). Bill mérite un post plus fourni, on y reviendra.

des hommes d'exception

planets

 

Planets est un duo de math rock magistral formé par deux Californiens qui illustrent plutôt bien ce vieil aphorisme: "qui donne vite donne deux fois". Paul Slack et Thomas Crawford livrent en effet des morceaux d'une telle frénésie rythmique et mélodique que l'on ressent une satisfaction exponentielle à chaque seconde qui s'égrène. Leur album éponyme est sorti en 2007, on brûle des calories rien qu'en l'écoutant. D'ailleurs:

planets - exercise !

Il leur arrive parfois de jouer en combinaison zentai (probablement pour élargir leur public), comme en atteste cette vidéo très aguichante:



{youtube width="480" height="385"}ufGNQneajwc{/youtube}

 

d'autres mp3:

planets - vow of silence
planets - o people
planets - dude life

Enfin, un lien vers un long article enthousiaste explorant les différents aspects génériques du math rock en Californie du Nord, de Hella à Tera Melos en passant par Planets:

Genre Report: Norcal Math Rock, by Nick Greer 

keep austin weird

austin


Austin est souvent comparée à Portland en terme de scène musicale et d'atmosphère bon enfant ("statistically speaking it seems to have a higher proportion of sonic freaks than anywhere else. like portland oregon with more beer and better drugs."). Ils sont juste un peu moins obsédés par la nourriture vegan.

D'Austin, je connaissais déjà Daniel Francis Doyle, sur qui j'avais rédigé un brouillon il y a bien un semestre de ça. Cet honorable Texan a sorti l'an dernier "We bet our money on you", un album de math-rock galopant, entrecoupé d'une ou deux ballades qui caressent les cheveux.  C'est plein de boucles et de ruptures, ça vocifère et ça fredonne, c'est l'alliance, dans un seul pot, de l'onctuosité de Deerhoof et des aspérités de Shellac. C'est SUPAIRE.


Daniel Francis Doyle - strange way of speaking
Daniel Francis Doyle - street stress
Daniel Francis Doyle - how can you work?


Et le morceau "j'aime aussi les bégonias et les chatons":


Daniel Francis Doyle - send you away


Il y a peu de temps encore, Doyle jouait de la batterie dans When Dinosaurs Ruled The Earth, qui est aussi le titre d'un film d'auteur des années 70 aux effets spéciaux ébouriffants.
WDRTE est un supergroupe de sept superdudes qui hurlent comme des trépanés et produisent un chaos sonique fort enthousiaste, rappelant Ex Models ou Black Eyes ou Action Beat. En fait on ne sait pas trop si c'est punk-noise, doom, ou post-grunge ou tout ça à la fois. Quand ils jouent dans l'arrière-cour d'un bar par 6°C, on en oublie qu'on claque des dents et qu'on a les doigts bleus. C'est SUPAIRE aussi.

When Dinosaurs Ruled the Earth - Conjirin'

when dinosaurs ruled the earth - it's casual

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